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Le site du concasseur

show01Cette partie du site traite du lieu d'implantation géographique du concasseur, de son historique, des défenses de plage et de celles propres au camp, etc.

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Documentation

show96Les archives et tout les fichiers téléchargeables, les plans et les profils, courriers et croquis d'époque ainsi que les articles de presse parus sur le sujet.

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Histoires locales

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Extraits de livres ou de documents. Vidéos et articles de presse. Cette section du site regroupe les interviews et les témoins de cette époque.

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Les voies ferrées

show44Cette section du site traite de l'historique des lignes TODT et des deux voies ferrées du secteur : l'embranchement de Tréguennec et le faisceau de Tréméoc,

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Travailler sur le site en 43

capture du 2016 10 08 18 29 39Le 8 septembre 2016, Per Pérenou, 91 ans cette année, confiait ses souvenirs de la période d'occupation au journaliste du quotidien le Télégramme. Cette longue interview est retranscrite ici avec, en fin d'article la possibilité de visionner la vidéo. On y apprends beaucoup sur la vie quotidienne sur le site du concasseur, mais également sur la façon dont était appréhendé l'occupant en pays bigouden. Per Pérennou a écrit un livre, qui fera prochainement l'objet d'un article à part.

Per Pérennou :
J'ai ressorti mon agenda de 1943 parce que tous les jours, j'écrivais quelque chose, c'était surtout sentimental. Lundi 28 juin 43 (j'ai écris) : "pas pris à l'usine Raphalen". D'habitude j'allais travailler l’été à l'usine (de conserve) Raphalen à Plonéour, mais cette année là, je n'ai pas été pris. Et le mardi 29 (j'ai noté) : "Embauche TODT Tréguennec."

J'ai vu les Allemands arriver dans leurs sides-cars à St Vio

En 1940, on a vu déferler ce qu'on appelle les réfugiés du Nord, qui ont d'ailleurs beaucoup travaillé sur le site du chantier. J'ai vu les Allemands arriver dans leurs sides-cars à St Vio. Leurs Sides-cars ne faisaient pas de bruit du tout, contrairement à nos motos pétaradantes, j'en était très étonné. Les Allemands sont entrés dans la chapelle où étaient entreposées les armes et les munitions qui servaient pour le champs de tir de Tréguennec. Quand ils ont vu les munitions et les fusils Lebel, ils ont dit en Français : "Bon pour le musée !"

 

  Ensuite, on s'est habitué à eux peu à peu, mais ce n'était pas facile. Quand ils ont créé ce chantier c'était un peu spécial parce qu'ils ont bien sûr voulu recruter de la main d'oeuvre locale, et on s'est trouvé devant une alternative simple : Ou on allait y travailler ou on n’avait plus rien. j'étais d'une famille de 14 enfants et j'avais la chance d'être à l'école à Pont l'Abbé. Chaque année je travaillais pour donner un peu de sous à ma mère parce que les autres enfants, avant et après moi, partaient travailler dès 12 ou 13 ans.    Personnellement, j'avais la chance de ne pas travailler directement. Comme je n'étais pas pris à l'usine Raphalen, on m'a embauché au chantier le mercredi 30 juin : Premier jour de travail à 6 heures et demi du matin à Penhors, sur la dune. Mon travail sur le site du concasseur, c'était la maintenance de la petite voie ferrée sur la dune. Une petite voie posée directement sur les galets. Les locomotives étaient conduites par des gars du pays. De St Jean à Penhors cela faisait presque 6 km et c'est là qu'on chargeait des wagonnets à l'aide des Caterpillars qui poussaient les galets vers des grues qui chargeaient les petits wagonnets.

Ceux-ci étaient ensuite acheminés vers le mur casemate pour être charger dans les trains SNCF se trouva en contrebas et enfin, partir pour Pont l'Abbé. C'était très instable sur les galets, il fallait tout le temps, presque après chaque passage, revoir ça un peu, c'était là mon boulot. J'ai travaillé en juillet et en août et c'était un travail à ma guise, presque à la carte. C'est-à-dire qu'on s'y présentait, c'était un chantier spécial, pas du tout fermé. On y rentrait comme on voulait. Je me présentais à mon chef d'équipe de l'organisation TODT et puis voila, on travaillait. J'ai travaillé 3 ou 4 jours par semaine, parce que, quelquefois j'étais fatigué, surtout le lundi : On sortait avec mon copain Buanic. Mais surtout, j'étais là le samedi, parce que c'etait la paie en liquide le samedi ! Il y avait beaucoup de marins de St Guénolé et de Guilvinec qui n'avaient pas de travail car parfois ils ne pouvaient pas aller en mer à cause des interdictions, et également parce qu'il n'y avait pas de gas-oil pour les bateaux. Ils venaient donc travailler, à pieds tous les jours. Ca a duré jusqu'au 3 septembre, date à laquelle je me suis fracturé le pouce droit : un rail m'est tombé dessus et ça fait très mal ! Au mois d'octobre j'ai été reçu au concours des PTT mais comme il fallait attendre la nomination, j'ai travaillé comme auxiliaire à la poste de Plonéour.

j'ai travaillé pour les Allemands et après, contre les Allemands.

Les Allemands sont partis le 4 août, Todt était parti quelques jours avant. A ce moment là, je retourne ma veste et je m'engage dans les FFI. Voyez, j'ai travaillé pour les Allemands et après contre les Allemands. J'ai fait ensuite une petite carrière dans le Génie et je suis entré dans les Télécom à Paris en 46. Ensuite Paris, puis Rennes à la Direction Régionale des Postes après un concours d’inspecteur des relations extérieures, en contact avec les gros usagers et les grosses entreprises, c’était le début de la communication d'entreprise

Fin 43, il y a eu des essais car qu'il y avait alors d'énormes réserves de gros galets qui ne pouvaient pas servir directement et qu'il fallait concasser. Tout cela faisait un bruit incroyable et beaucoup de poussière ! Ça se voyait et s’entendait de très loin et particularité, je venais de temps en temps au camp. Je n‘y travaillais plus mais j’y trouvais soit des copains soit des gens que je connaissais. Ce camp était ouvert à tout le monde car ce n’était pas un camp de travail forcé, l’organisation Todt travaillait pour l’armée allemande il faut le souligner, mais ils ont su faire le nécessaire pour avoir des ouvriers, pas des spécialistes. Je n’ai plus la souvenance exacte du travail de chacun sur le chantier, il y avait beaucoup de personnel pour la maintenance, d’autres pour les grues etc.   Le chantier était illuminé toutes les nuits et on se demandait pourquoi la RAF n'était pas venu bombarder le site, il y avait surement une raison. Il n’y a que sur la fin que la RAF à mitraillé. Cette ambiance, on s’y faisait. Beaucoup de gens ont appris à travailler sur les engins comme cela et dire qu’on y allait en rasant les murs non ! On y allait discrètement, comme ces quatre marins pécheurs du Guilvinec, car il n’y avait pas de travail ailleurs. Ces quatre là passaient toute la semaine chez nous, logeaient sur la paille et repartaient ensuite. Les conserveries locales travaillaient essentiellement pour l’armée d’occupation avec la présence de cadres allemands.

Ce n'était pas un camp nazi

Au chantier Todt, ce n’est pas l’armée d’occupation, l’armée était invisible sur le site. Il y avait des contremaitres TODT, habillés en kaki, avec un brassard à croix gammée. Ce n’était pas un camp nazi, la production allait peut être aux nazis mais on n’a pas senti leur présence. Certains contremaîtres Français zélés étaient bien plus durs que l’occupant, car avec les contremaitres allemands ça se passait toujours bien. Ils y avait également beaucoup de réfugiés du Nord, arrivés en 1940 lors de l’avance de l’armée allemande, ces gars travaillaient dans les mines du Nord avant la guerre. Je me rappelle par exemple de Polonais, spécialistes pour les engins et qui parlaient l’Allemand.

J'avais 18 ans lorsque j'ai travaillé sur le chantier, je dois être actuellement l'un des seuls rescapés bien qu'il n'y ait pas eu d'âge minimum pour travailler puisque mon frère de 14 ans y a travaillé également. En fait les Allemands n'étaient pas très regardants sur l'âge et pour eux, ça permettait de donner une bonne image et une meilleure impression de l'occupation sans doute. Et pourtant il en a eu des fusillés en dehors de Tréguennec… mais ici, ça s'est bien passé, à part avec le Lieutenant Piking, qu'on appellait « Pot ar March Gwen » c'est-à-dire le gars au cheval blanc. Il commandait les caucasiens du secteur.   Je me souviens de lui, avec son Mauser, car sur les derniers jours de l'occupation les gars essayaient de piquer des planches au chantier. D'ailleurs il y avait énormement de trafic : de gas-oil ou de charbon en contrepartie de beurre ou de lard. Même les gars de la SNCF s'arrêtaient en pleine campagne et balançaient un sac de ciment, du charbon etc. Parfois, ils m'envoyaient du charbon chez moi, en échange de quelques œufs. Parce qu'on était pas riche mais on avait quand même quelques œufs. Je me rappelle aussi qu'il y avait une tournée pour prendre les cadres Todt qui habitaient à Pont l'Abbé et alentour, à l'aide d'autocars Magirus et Mercedes.   Avec mon copain, on était à l'école à Pont l'Abbé et comme il n'y avait plus d'internat on devait rentrer à pied, alors lorsqu'il pleuvait on faisait signe à l'autocar et il s'arrêtait. C'était de « vieux pépères », il y en avait beaucoup de « vieux pépères ».

Je me souviendrais toujours de ce soldat Allemand qui allait de ferme en ferme en disant « warum Krieg » (pourquoi la guerre). Il venait voir comment on travaillait et il aurait sûrement préférer la paix, mais il a dû être envoyé vers le front Russe, comme beaucoup. Par contre j'avais connu un nazi, un vrai. Bjork à qui je disais : « vous rusland, vous kaput » j'avais du culot ça aurait pu mal tourner. Il m'avait répondu : « Ich kaputt, Deutschland gross ». Lui c'était un vrai !

C’est une période dont je ne garde pas de mauvais souvenirs, je ne vais pas m’en vanter parce qu’on a quand même un peu collaboré, une collaboration économique, mais il fallait bien faire « bouillir la marmite », nous étions 14 enfants, sans allocations familiales car cela n’existait pas.

L’avenir du site

Le conservatoire du littoral et la maire de Tréguennec ont toujours été plus ou moins réticents quant à la signalitique du site, et cela s'expliquait en partie en raison de l'organisation de « raves » sur ce site il y a encore quelques années. Maintenant c'est terminé, et je considère que pour la signalitique du site, il faut s'adresser à des gens compétents, qui ont fait des recherches et qui sont au fait de la réalité de l'histoire du concasseur. Le site mérite d'être valorisé, il fait partie de l'Histoire, il fait partie du patrimoine ! En bien ou en mal et il faut en parler. J'ai été un des rares peut être à en parler parce qu'il y avait un espèce de tabou et les gens n'en parlaient pas trop.

Pour en (sa)voir plus :

- Vidéo : Le Mur de l'Atlantique - Organisation TODT partie 2/5 https://youtu.be/jkCk3ub_8bM

- Vidéo : Per Pérennou - Le travail sur le chantier TODT de Tréguennec - 1943 ( sur Youtube ) ou ici

A lire ...

Depuis la mi-février, sept immenses Bigoudènes sont apparues sur le "mur des Allemands". Cette peinture, égayerait semble-t-il cet immense mur-casemate d'une autérité originelle toute prussienne, à l'en rendre presque sympatique au yeux du quiddam. C'est le fait d'un rennais inspiré par les lieux, et venu passer une semaine de vancances sur le site, avec armes, bagages et pots de peinture.

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show5Cette page réunie les gros fichiers du site, entre quelques Mo et quelques centaines de Mo. Il s'agit de plans complets, de profils en long des voies ferrées etc. 

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Liens webForums, blogs sites internet découverts aux fils de la toile, vous trouverez ici de quoi satisfaire votre curiosité, et de quoi laisser votre adresse si vous le désirez.

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